Rapport de mi-année 2026 : Le commerce de détail progresse légèrement, mais l’écart entre les magasins en ligne et les magasins physiques se creuse.
Le secteur du commerce de détail suisse a connu un premier semestre 2026 mitigé. Dans son analyse de mi-année des transactions par carte bancaire, la Fédération suisse du commerce de détail prévoit une croissance nominale des ventes de 1,2 % pour l’ensemble du secteur par rapport à la même période de l’année précédente. Si le commerce en ligne a enregistré une forte hausse de 3,0 %, les magasins physiques n’ont connu qu’une croissance modérée de 1,0 %, portée par la bonne performance du secteur alimentaire. En revanche, le secteur non alimentaire devrait subir un recul significatif de ses ventes, de l’ordre de 3,3 %. La Fédération suisse du commerce de détail appelle donc à des mesures de soutien ciblées pour les commerces physiques, afin de garantir une concurrence équitable. Ces demandes incluent une plus grande flexibilité des horaires d’ouverture, une amélioration de l’accès et du stationnement, ainsi qu’une simplification des procédures d’autorisation.
Le premier semestre 2026 a également présenté un tableau contrasté : si les premiers mois ont été atones, notamment en raison du contexte international tendu (guerre contre l’Iran, conflit commercial avec les États-Unis), une reprise notable s’est amorcée au deuxième trimestre, en particulier à l’approche de l’été. « Cette évolution montre que, malgré une légère amélioration du moral des consommateurs, le secteur du commerce de détail continue d’évoluer dans un environnement très difficile », souligne Patrick Erny, directeur de la Fédération suisse du commerce de détail.
Les détaillants alimentaires soutiennent le marché physique
L’analyse des transactions par carte de débit et de crédit pour le premier semestre 2026 suggère que la croissance du commerce de détail physique est largement attribuable au secteur de l’alimentation. Avec une hausse de 3,8 %, ce dernier a une fois de plus joué son rôle stabilisateur traditionnel. Cette évolution est principalement due à la croissance démographique continue, qui a un impact positif sur les besoins fondamentaux. En revanche, le secteur non alimentaire du commerce de détail physique devrait connaître un recul de 3,3 %. Les pressions structurelles restent particulièrement fortes dans les segments du textile et de la chaussure, de l’ameublement et des articles ménagers, du bricolage, ainsi que des loisirs et des jouets. Le commerce en ligne, quant à lui, a affiché de bonnes performances dans la plupart des segments et a pu consolider sa position sur le marché.
Le tourisme d’achat reste à un niveau élevé.
Le tourisme d’achat restera stable à un niveau très élevé, avec une légère croissance attendue au premier semestre 2026. Pour le secteur du commerce de détail suisse, et notamment pour les magasins physiques, cela se traduit par une pression concurrentielle et une réduction des marges toujours plus fortes. Les chiffres montrent également que le commerce en ligne et le commerce physique divergent de plus en plus. Alors que les ventes numériques continuent de progresser, les points de vente physiques subissent une pression croissante. Dans ce contexte, un cadre réglementaire fiable et favorable aux entreprises est d’autant plus crucial, en particulier pour les commerçants physiques.
Renforcement des cadres politiques
La Fédération suisse du commerce de détail appelle donc à un renforcement ciblé du cadre politique, notamment pour le commerce physique, non seulement au niveau national, mais aussi aux niveaux cantonal et communal. Cela comprend, entre autres :
- Libéralisation des horaires d’ouverture des commerces en soirée et le week-end, afin que les entreprises puissent mieux répondre aux besoins actuels des consommateurs.
- Garantir l’accès et des options de stationnement abordables à proximité du centre-ville pour tous les usagers de la route, notamment pour les véhicules motorisés privés.
- Rationaliser les procédures d’approbation, notamment dans le secteur de la construction, afin que les investissements, les transformations et les modernisations puissent être mis en œuvre plus rapidement.
- Réduction des obstacles réglementaires et des frais pour les espaces de vente physiques et les concepts de vente – notamment, suppression des déclarations de produits supplémentaires ou élimination des déclarations existantes.
- Aucune charge financière supplémentaire pour les détaillants en raison de taux de TVA plus élevés ou de taxes salariales supplémentaires.
« Le commerce de détail physique est indispensable à l’approvisionnement local, à la création de nombreux emplois attractifs et de possibilités de formation, ainsi qu’à la préservation de centres-villes dynamiques. Pour qu’il puisse continuer à se développer et rester compétitif, il a besoin d’un cadre réglementaire fiable et favorable aux entreprises », conclut Erny.