18 février 2021

Rapport de situation sur le commerce de détail

2020 : une année record pour le commerce de détail suisse

Lorsque le premier lockdown a débuté le 16 mars 2020, entraînant la fermeture d’une grande partie des magasins en Suisse pendant 8 semaines, personne n’aurait imaginé que l’année 2020 serait une année de succès pour de nombreux détaillants suisses en termes de chiffre d’affaires. En effet, les centres commerciaux suisses ont perdu à eux seuls environ 39 millions de francs suisses de chiffre d’affaires par jour entre le 16 mars et le 11 mai 2020. Rien d’étonnant, avec une baisse de la fréquentation pouvant atteindre moins 80%. Le fait que les chiffres d’affaires du commerce de détail suisse (qui comprennent aussi bien les chiffres d’affaires réalisés dans le commerce stationnaire que ceux réalisés en ligne) aient augmenté en 2020 malgré le lockdown et les fermetures de magasins qui en ont résulté est réjouissant mais aussi compréhensible.

L’explosion du commerce électronique

La fermeture temporaire des magasins a permis au commerce en ligne d’augmenter massivement son chiffre d’affaires. Selon les sources, il a augmenté de 35% à 55%, ce qui correspond à une hausse du chiffre d’affaires de 3,6 milliards et de 5,7 milliards de francs.
La part du chiffre d’affaires total du commerce de détail devrait donc être d’environ 16% en 2020. Le chiffre d’affaires total en ligne de Migros a augmenté de 31% pour atteindre près de 3 milliards de francs, Digitec/Galaxus, le plus grand commerçant en ligne de Suisse, ayant vu son chiffre d’affaires augmenter de 56,4% pour atteindre 1,7 milliard de francs. Chez Coop, les ventes en ligne ont augmenté de 35,2% pour atteindre 1,2 milliard de francs, dont coop@home a réalisé une croissance de 42,6%.

Moins d’achats à l’étranger, plus d’argent dans son propre pays

Avec les fermetures de frontières et les soft lockdowns dans les pays voisins, le
tourisme d’achat a également disparu et l’argent (et le chiffre d’affaires) est ainsi resté dans le pays. Interrogé par la « NZZ am Sonntag » du 17 mai 2020, l’économiste saint-gallois Thomas Rudolph a calculé que les magasins suisses pouvaient compter sur un pouvoir d’achat supplémentaire potentiel de 1,95 milliard de francs entre mi-mars et mi-juin 2020, tous secteurs confondus, les grandes surfaces alimentaires étant les premières à en profiter.

Des marchés en plein essor

Selon le GfK Markt Monitor, c’est surtout le secteur alimentaire/non alimentaire qui a progressé de 10,9%
, mais le non alimentaire a également rattrapé son retard de manière significative malgré l’influence durable des effets de la pandémie et a même dépassé de 2,6% le niveau de l’année précédente.

Migros et Coop affichent une forte croissance de leur chiffre d’affaires

Les supermarchés Coop ont enregistré une croissance de 14,4% en 2020 et les supermarchés et hypermarchés Migros ont également augmenté leur chiffre d’affaires de 7,4%.

De grandes disparités : le commerce de détail textile souffre

Les marchés du bricolage et de l’électronique domestique, mais aussi de l’aménagement de la maison,
Sport/loisirs/jeux, semblent avoir crevé le plafond. Cela peut s’expliquer par le fait qu’en raison de la réduction des possibilités de loisirs, mais aussi du travail à domicile, les gens sont restés plus longtemps chez eux et ont dépensé leur argent ailleurs que dans les voyages, les repas ou les loisirs. Inversement, le secteur de la mode et de l’habillement a parfois enregistré des baisses massives de son chiffre d’affaires. Il n’est pas étonnant que le secteur ait subi des pertes de chiffre d’affaires allant jusqu’à moins 75% pendant le lockdown.

Il faudra faire preuve d’un peu de patience jusqu’à ce que les chiffres définitifs et détaillés pour l’année 2020 soient disponibles
. Lors de la conférence GfK Handel du 16 juin 2021, ils seront certainement présentés comme d’habitude par des experts et apporteront des éclaircissements sur un marché qui était tout sauf ordinaire en 2020.

Que nous réserve l’avenir ?

Il est clair que la crise de la Corona continuera à influencer l’année 2021. Il n’est pas certain que la croissance du commerce en ligne se poursuive dans les mêmes proportions qu’en 2020. Une part de marché de 16% à 18% du chiffre d’affaires total du commerce de détail pour les années 2021 à 2022 semble toutefois réaliste. Pour le commerce stationnaire, sans les effets exceptionnels de 2020 et dans des circonstances normales, il faut probablement s’attendre à des chiffres d’affaires plus faibles. Les auteurs de l’étude Retail Outlook de janvier 2021 prévoient pour l’année en cours une baisse du chiffre d’affaires de moins 6% pour le marché alimentaire/non alimentaire et une hausse de 2% pour le marché non alimentaire. Ceci non sans préciser que ces prévisions sont basées sur des hypothèses d’évolution épidémiologique très incertaines et qu’elles servent avant tout de guide approximatif.