4 octobre 2021

Rapport européen sur le commerce électronique 2021 - Ce qu’il dit et ce qu’il ne dit pas

Rapport d’Esther Pfister, blog.carpathia.ch

2020 - Marqué par les suites de la pandémie Covid 19

En Europe, environ 10-15% du chiffre d’affaires est réalisé en ligne et la part en ligne est toujours en forte croissance avec des taux de croissance de 10% en 2020. Après l’énorme augmentation en 2019 avec un taux de croissance de 14%, les auteurs de l’étude s’attendent à un taux de croissance de l’ordre de 12% en 2021.

La Suisse - Leader européen en matière de fiabilité logistique

Dans un rapport transnational, les classements de Länger sont incontournables. Les auteurs de l’étude ont examiné la « maturité » des pays en matière de commerce électronique sur la base de paramètres d’infrastructure logistique et d’indicateurs généraux « Ease of doing business ». Le Danemark arrive trois fois en tête, avec une position de leader dans les domaines « Ease of doing business », « E-Government Development » et « Environmental Performance ».

La Suisse arrive en deuxième position, avec des places de leader dans les domaines de la fiabilité de l’Union postale universelle et de l’indice du commerce électronique B2C de la CNUCED, un indice qui mesure la « préparation » d’une économie pour les achats en ligne. L’Allemagne (« Logistics Performance Index ») et la Suède (« Inclusive Internet Index ») sont également en tête.

De manière générale, ce rapport reflète également un clivage nord-sud et ouest-est : les pays nordiques sont plus « avancés » en matière de commerce électronique que les pays du sud et les pays occidentaux plus avancés que les pays plus à l’est.

Fun fact : la Suisse est d’ailleurs classée par l’étude dans le cluster « Europe de l’Est ».

Le commerce électronique en Suisse en 2020 : Covid 19 et la durabilité

Le e-commerce suisse a également été marqué par la pandémie de Corona en 2020 et, en particulier pendant le lockdown, certaines catégories de produits comme le bricolage, le sport ou la maison et le jardin ont connu une forte croissance. L’augmentation des achats sur Internet a également conduit les Suisses à acheter davantage par carte de crédit et moins par facture. Les services de livraison de repas ont également connu un essor, même s’il a été plus important dans d’autres pays : le coût élevé de la main-d’œuvre locale a souvent eu raison du business plan.

De manière générale, le lockdown a entraîné un boom du conseil vidéo et de la vente en ligne, en particulier dans les catégories Maison & Jardin / Aménagement, jusqu’à la limite de capacité des boutiques en ligne, parfois établies en quelques semaines, voire au-delà.

Le développement durable est un autre sujet qui fait couler beaucoup d’encre en Suisse. Des projets de « Last Mile Delivery » respectueux de l’environnement sont expérimentés, des envois « sans emballage » sont effectués et des emballages innovants ou réutilisables sont testés. Un thème qui restera d’actualité cette année.

Les grandes tendances

1. omni-canal

Les entreprises devront continuer à aborder leurs ventes de manière cross-canal : Les ventes en ligne et hors ligne doivent aller de pair pour une expérience client complète.

2. des réglementations neutres sur le plan des canaux

Si les entreprises doivent servir les clients de manière neutre en termes de canaux, il serait bon que la politique ne fasse pas non plus de grande différence entre les ventes en ligne et hors ligne. Le fait que la législation doive s’adapter aux nouvelles réalités du commerce omni-canal est décrit par les auteurs de l’étude comme l’une des principales tâches des régulateurs dans les années à venir.

3. le commerce électronique durable

Le commerce électronique peut ou doit même être le moteur d’une économie durable, voire d’une économie circulaire. Là encore, les auteurs de l’étude (qui gagnent leur vie grâce au lobbying politique) en appellent aux politiques pour qu’ils légifèrent rapidement en la matière. Les petites entreprises en particulier doivent être aidées à prendre rapidement le train de la numérisation et à faire les investissements nécessaires.

Plus de problème : GDPR et mise à jour iOs14

Le présent rapport ne traite guère de la protection des données, des droits de la personne, etc. Seules quelques lignes sont consacrées à ce sujet dans les rapports sur l’Allemagne et la Norvège ; et bien sûr, le rejet de l’e-ID par les électeurs suisses a également été brièvement mentionné. Il est certes mentionné dans ces pays que la protection des données est un « hot topic », mais étonnamment, cela ne semble pas être le cas pour les auteurs de l’étude.

Le commentateur allemand estime que les lois actuellement en vigueur favorisent les grands acteurs, car les clients doivent presque donner leur accord - alors que chez les petits acteurs, ils renoncent à leur consentement pour l’utilisation des données. Cela a pour conséquence que les informations importantes sont réservées aux grands acteurs. Ce qui n’est pas vraiment l’objectif de la législation.

Les « mises à jour iOs 14 », qui permettent aux clients d’empêcher le suivi de nombreuses données sur leur smartphone, ne sont pas non plus abordées, du moins pas de manière concrète, et font le désespoir de tout spécialiste du marketing en ligne. Cela aussi est probablement dû à la paternité plutôt « théorique » de l’étude : Pour les personnes qui s’occupent quotidiennement d’e-commerce et de marketing en ligne, ces points sont extrêmement pertinents.

Une version courte du rapport complet (111 pages) peut être téléchargée ici.

Image : Europe E-Commerce Report 2021 - Aperçu par région, Source : Europe E-Commerce Report 2021, p. 8