14 décembre 2023

Moins de ruptures de ligaments croisés grâce à une nouvelle technologie de fixation

La fixation de nos skis a une mission simple : elle doit veiller à ce que notre chaussure de ski tienne bien, mais si les forces exercées sur notre corps deviennent trop importantes, le ski doit se détacher. Cela semble simple, mais ce n’est pas facile à mettre en œuvre dans la pratique. Il n’est pas facile de trouver le bon équilibre entre « maintien » et « relâchement ». D’autant plus que le ski a considérablement évolué au cours des dernières décennies.

« Quand on est en position de recul au ski, il arrive vite que l’on se torde ». - Lucio Zallot

D’une part, le carving, qui est apparu dans les années 90 avec les skis taillés. Les skis carving nous permettent de skier sur des rayons plus étroits, mais cela augmente aussi les forces qui s’exercent sur notre corps et surtout sur nos articulations. D’autre part, les pistes actuelles sont nettement mieux préparées qu’il y a quelques années, ce qui nous permet en outre de skier plus vite.

De plus en plus de ruptures de ligaments croisés

La combinaison de ces deux évolutions a entraîné une augmentation du nombre de ruptures des ligaments croisés. En effet, les fixations n’ont pas suivi cette évolution de la technique de ski et ne se sont pas adaptées aux forces changeantes qui agissent sur notre corps au cours des 20 dernières années environ. De ce fait, les chutes en rotation arrière, en particulier, ont entraîné de plus en plus de blessures.

Mais qu’est-ce qu’une chute en arrière avec rotation ? Lucio Zallot, expert « swisspo » en sports d’hiver, l’explique comme suit : « Lorsque l’on se retrouve en position arrière en skiant, il arrive rapidement que l’on se torde. Ce mouvement de rotation se répercute en premier lieu sur les genoux et si la fixation ne s’ouvre pas dans ce cas, il y a de fortes chances que le ligament croisé se déchire ».

Déclenchement possible à 180 degrés

L’année dernière, Head/Tyrolia a été le premier fabricant de renom à lancer sur le marché une fixation capable de garantir une plus grande sécurité en cas de chute en arrière. La clé est que la fixation peut également se détacher latéralement au niveau du talon et pas seulement verticalement comme c’était le cas jusqu’à présent. Le talon de la fixation « Protector » peut se déplacer horizontalement vers la gauche et vers la droite jusqu’à 7 mm lorsqu’elle est fermée. Ce mouvement permet de compenser les chocs et d’éviter les déclenchements intempestifs. Mais si les forces deviennent trop importantes, la fixation doit libérer le ski. Et ce, non pas verticalement comme jusqu’à présent, mais également horizontalement, afin de soulager les ligaments croisés. Le « Protector » y parvient en faisant pivoter le support de semelle de 30 degrés vers l’extérieur et en libérant la chaussure. « La fixation Protector est notre première fixation capable de libérer la chaussure sur 180 degrés si nécessaire », explique Lucio Zallot.

Bientôt plusieurs produits

La fixation a été lancée la saison dernière et a été montée sur différents skis. « Le retour des revendeurs et des clients est très positif. Mais bien sûr, les nouvelles fixations ne sont pas encore montées sur tous les skis Head, car elles sont plus chères que les fixations traditionnelles. Le client doit donc accorder une certaine valeur à la sécurité », explique Zallot. Cet hiver, d’autres modèles équipés de la fixation « Protector » ont été lancés sur le marché et le produit a également attiré l’attention de la SUVA. Ce n’est pas une surprise, car en collaboration avec l’université d’Innsbruck, il a été prouvé que la fixation « Protector » permettait de réduire considérablement le risque de rupture des ligaments croisés. « Il y aura sans doute bientôt d’autres fabricants qui lanceront de telles fixations sur le marché. Et c’est une bonne chose, car il est positif pour le ski que la sécurité augmente et qu’il y ait moins de blessures », a déclaré Lucio Zallot.