11 septembre 2024

La Suisse est un véritable îlot de cherté

Les détaillants suisses doivent faire face à des coûts 50% plus élevés, alors que les prix des produits du commerce de détail ne sont en moyenne que 35% plus élevés que ceux des pays voisins. Cela montre bien que la concurrence dans le commerce de détail est intense. Pour relever les défis de l’îlot de cherté suisse, des mesures ciblées de réduction des coûts sont nécessaires, telles que la réduction des réglementations, la diminution du cloisonnement des marchés et le renforcement des groupements d’achat.
La Suisse est régulièrement qualifiée d' »îlot de cherté ». Le débat sur les raisons des prix plus bas pratiqués dans les pays voisins est souvent chargé d’émotion et ignore totalement la structure des coûts du commerce de détail. Il n’est pas rare que les détaillants suisses soient accusés d’être responsables des différences de prix en raison de marges bénéficiaires excessives. Une nouvelle étude de la SWISS RETAIL FEDERATION, réalisée par BAK Economics, présente cependant un tableau nettement différent : Par rapport à la structure des prix et des coûts des détaillants des quatre grands pays voisins, le secteur suisse souffre d’un désavantage considérable en termes de coûts, qui l’emporte largement sur les différences de prix.
Approvisionnement en marchandises coûteux dans le pays et à l’étranger
Si l’on compare les postes de coûts que sont l’achat de biens en Suisse et à l’étranger, les coûts de consommation intermédiaire et les coûts du travail, il apparaît clairement que le commerce de détail des pays voisins bénéficie d’avantages de coûts considérables : En moyenne, le commerce de détail suisse est confronté à des coûts supérieurs de 50% à ceux de ses concurrents à l’étranger. Environ deux tiers de ce montant sont imputables à l’achat de biens plus coûteux en Suisse et à l’étranger. Le reste est réparti à parts égales entre le coût de la main-d’œuvre et celui des consommations intermédiaires.

Les consommateurs profitent de la pression sur les prix
D’un autre côté, malgré ce corset de coûts, les prix du commerce de détail suisse ne sont que 35% plus élevés. La différence de 15 points de pourcentage entre les coûts et les prix s’explique pour environ deux tiers par une TVA plus avantageuse que dans les pays voisins. Par ailleurs, les détaillants locaux profitent également d’un environnement de taux d’intérêt plus favorable et d’un niveau d’imposition des entreprises plus bas. « L’analyse le montre clairement : Les détaillants sont confrontés à une concurrence acharnée et doivent en principe répercuter sur les consommateurs les avantages de prix qu’ils ont obtenus », déclare Daniela Schneeberger, présidente de SWISS RETAIL FEDERATION. La directrice, Dagmar Jenni, ajoute : « En outre, l’étude met fin aux affirmations basées sur des cas isolés selon lesquelles les détaillants suisses factureraient des produits plus chers que ceux des pays voisins ».

Réduire les désavantages de coûts en renforçant les groupements d’achat et en réduisant la réglementation
Il est donc évident que des mesures urgentes sont nécessaires pour réduire le désavantage en termes de coûts. « Une mesure importante consiste à renforcer les groupements d’achat, qui permettent d’obtenir des prix plus bas par rapport aux grands groupes, notamment sur le marché international de l’approvisionnement », explique Dagmar Jenni.
En outre, la pression sur les coûts diminue si l’on renonce à des réglementations supplémentaires et si l’on réduit les réglementations existantes, comme les prescriptions de déclaration inutiles. Les exploitations agricoles innovantes et orientées vers le marché profiteront également d’un arrêt des prescriptions de fermeture du marché motivées par la politique agricole et d’un allègement administratif des prescriptions pour l’agriculture. Parallèlement, l’accès à des labels suisses forts tels qu’IP Suisse ou le bourgeon bio doit être encouragé afin de renforcer la concurrence à l’intérieur du pays et, en fin de compte, de pouvoir offrir de meilleurs prix aux consommateurs.